Mouse Guard: What You Fight For

Interlude - Calum

Lockhaven, au jour du départ

Rand claudique jusqu’à la jonction entre les clapiers et la porte de Lockhaven, se servant comme à l’habitude avec habileté de son bouclier comme d’une béquille. Là, Calum empile sur son lapin (“Marvin”) des provisions, sa baluche qui était comme toujours juste assez légère pour bien voyager, et juste assez lourde pour lui permettre d’errer sans fin dans la nature, comme s’il s’attendait un jour à céder à l’envie de le faire.

- Calum! Attends! J’ai vérifié, vous n’avez pas pris toutes les rations qui ont été mises de côté. Je me dois d’insister, elles sont déjà libérées par la Quartermaster, si vous ne les prenez pas elles ser….

- Ah, mais il ne faudrait pas charger ce bon vieux Marvin pour rien! Et puis, tu le sais bien, on a beau être à l’automne, la forêt a encore tout plein de trésors à offrir, de quoi nourrir notre patrouille pour longtemps. Laisse plutôt nos rations à ceux qui restent ici, ils apprécieront les portions supplémentaires, j’en suis sûr…

- D’accord, je vois. Mais je n’étais pas venu pour ça…

Tout d’un coup le Garde-Capitaine semble mal à l’aise… comme un souriceau pris la main dans la jarre de biscuits. Il jette un oeil triste à sa jambe estropiée, puis lève la tête et regarde Calum d’un air surprenamment candide.

- Je trouve simple de te parler, Calum… Godwin m’intimide et Kieron est quasi-inaccessible, et Edan, bon… j’ai généralement plus envie de lui crier après. J’aimerais… j’aimerais que tu me rapportes des histoires, les bruits et les secousses de vos aventures, jusqu’à même leurs clameurs et leurs dangers. J’en ai si peu ici, je me retrouve à les quémander aux patrouilles qui partent et reviennent, et tu es certainement celui qui les rapporte le mieux.

- Je… je veux bien.

Rand afflige un air interrogatif. Calum poursuit, comme il devait se justifier son manque soudain de verve.

- Je suis surpris, voilà tout. Je pensais que mes histoires n’intéressaient que les clients de Bertom. Je n’aurais pas cru avoir un fan en ta personne, mais je comprends que tu veuilles avoir une exclusivité de temps en temps (il se met à rire). Alors, dis-moi, que penses-tu de cette pièce? (Il commence une mélodie à la flûte, puis se met à chanter. Il relate les dernières aventures de la patrouille à Copperwood.) Voilà. Je ne suis pas encore content de la fin, mais je la fixerai à temps pour ce soir. Tu viendras? Je suis sûr qu’on sera content de t’y voir… Mais j’y pense, et si tu me racontais tes histoires, tes aventures, tes faits d’armes, je pourrais les mettre en musique, je suis sûr que ça sonnerait bien. Puis ça te permettrait de les revivre non?

Le sérieux du Garde-Capitaine revient soudain, et le moment passe. Calum, nous…. nous avons tous des espoirs, des projets, des regrets. Je t’observe depuis bien longtemps, et il est clair pour moi que ton bonheur ne passe par pas une chambre bien tenue entre les murs gris de Lockhavenn, alors en tant que ton Garde-Capitaine, je me dois de te le demander, et d’exiger ta franchise pour la réponse que tu me donneras… Une fois ces tumultes passés, que comptes-tu faire?

- La politique, c’est lourd, et je ne pense pas que je suis fait pour la rigidité de notre structure pour tout te dire. Mais j’aime la Garde profondément, et je pense que notre mission est belle et juste. Il faudrait que quelqu’un puisse agir plus librement, en dehors des murs, peut-être avec d’autres qui pensent comme lui? Je ne demande rien de formel, mais je pense que j’aimerais bien pouvoir sortir du cadre un peu. Continuer à voyager, porter les messages de la Garde aux quatre coins, montrer à tous que nos racines sont profondes et valeureuses. Mais libre de pouvoir fixer mon propre agenda.
Un instant passe.

- En tant que responsable des Gardes, je peux te promettre de faire tout en mon possible pour l’accommoder, mais je ne peux le promettre avant que ne soient terminés les troubles actuels avec les Belettes, ni même à une saison précise, tu le sais bien.

- Je n’ai jamais pensé le contraire. J’étais sérieux quand je t’ai dit que j’allais te ramener des histoires, je compte bien le faire. Et je compte sur toi pour que tu me racontes les tiennes en échange!

- Tout est dit, alors.

- Bonne route, Calum, puisse-elle être bonne pour toi, et te mener là où tu dois aller.

Sur le chemin de l’aller, pendant une arrêt sur le bord d’une rivière, Calum aperçut au loin un fauconneau faucher un merle en plein vol et s’en aller au loin. Il eut une pensée pour le Garde-Capitaine: être bloqué comme il est à Lockhaven est probablement sa meilleure définition d’un cauchemar. Son esprit vagabonde ensuite un instant vers Aubrey, se demandant si elle pensait toujours à lui, hochant la tête de ne pas avoir pu lui dire tout ce qu’il ressentait pour elle. Était-ce la trouille des chaînes de l’engagement ou tout simplement un malentendu? Il chassa ses pensées, puis remonta sur son lapin.

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maitre_edgar

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