Mouse Guard: What You Fight For

Interlude - Edan

Lockhaven, la nuit

Aux petites heures du matin, à Lockhaven, on n’entend rien que le bruissement propre à un vieux fortin du genre. En fait, ce matin-là précisément, on entend quelque chose de plus: le grattement et le bruissement de quelqu’un occupé à faire ses bagages en quatrième vitesse. Un peu nerveux, Edan sait qu’il part demain pour Copperwood, et après une petite soirée à s’être occupé de ses affaires, ses contacts et des cachettes de ses divers butins, il sait que les heures de sommeil sont comptées avant que le matin arrive, et s’il l’oublie Kieron ou Godwin seront toujours aussi contents de le lui rappeler…

C’est un frottement plus fin de celui d’un flocon sur la neige qui lui fait redresser les oreilles… Il arrête net de plier bagage, et se retourne rapidement en dégainant l’un des mandibules du Scolopendre. Accotée dans le cadre de la porte, Annika est là, silencieuse, à le toiser du regard.

- On dirait bien que tu es plus vaillant lorsqu’il est question de déguerpir que lorsqu’il est question de mettre la main à la pâte…
- (Affichant un sourire mi-innocent mi-moqueur, Edan prend parole.) Il ne faudrait surtout pas sous estimer mon enthousiasme à mettre la main à la pâte, je préfère simplement attendre qu’elle soit cuite et prête à être consommée… Je le fais alors vaillamment et goulûment. (Le sourire d’Edan se crispe, et son ton devient sérieux.) Pour ce qui est de déguerpir… (Edan dépose son arme et se retourne vers Annika, mais sans soutenir le regard de celle-ci. Il s’avance en grimaçant, s’attendant manifestement à recevoir un coup ou être autrement agressé par elle.) Tu sembles en contrôle de la seule issue…
Le regard d’Annika se lève au plafond, et elle soupire bruyamment.
- Je sais bien que pour toi le torchon brûle entre nous depuis longtemps, mais je ne suis pas là pour ça… je voulais qu’on se mette à la même page toi et moi, il est inutile de continuer ces petites querelles intestines. D’ailleurs, pour démontrer un peu ma bonne foi, je tiens à préciser que je connais bien et depuis longtemps ton petit secret …
Edan l’interrompt
- Loins de moi l’idée de remettre en question ta bonne foi. Tu dis ce que tu penses avec candeur et, malheureusement, avec l’absolue certitude que ta position est la seule qui soit valable. C’est ce qui me fait le plus peur. (Edan prend une courte pause, et prend un ton plus hésitant.) Pour ce qui est de mes secrets, j’en ai plusieurs, certains moins petits que d’autres… (Edan scrute le visage d’Annika, puis reprend la parole.) Non, ce secret – peu importe de quoi il s’agit – tu ne t’en servira pas… Ce n’est pas ton style. Pourquoi es-tu ici si ne n’est pas pour me donner une raclée ?
Annika, qui était manifestement sur le point de continuer avec verve, est stoppée net dans ses propos. Elle montre un visage plus sincère que ne l’aurait cru Edan.
- Je… je ne m’attendais pas à ce genre de propos de ta part. Comme quoi chaque nuit apporte ses surprise. Je ne suis ici que pour dire que je t’estime plus que tu ne le croirais. Si la Garde avait besoin de moi… à une autre position, ma patrouille aurait certainement besoin d’un leader, et il te suprendra peut-être de savoir que je te tiens en plus haute estime que bien d’autre GuardMice… tu as ce que j’appelle… “le sens du nécessaire”. C’est une belle qualité.
- Si tu espères un jour atteindre une autre position, il ne faudrait surtout pas que tu ébruites cette haute estime de ma personne. D’ailleurs, j’ai une certaine réputation à conserver… Et toutes les responsabilités que je désire. Mais saches que, si tu arrives à tes fins, tu pourras éventuellement profiter du même discret soutien que l’actuelle détentrice de cette position… J’ai, après tout, le sens du nécessaire…
- Je vois. Des temps difficiles sont à l’horizon, et il faudra faire preuve de sagacité pour que survive Lockhaven. Penses-y bien, pour le bien de toute la Garde. Je ne suis pas l’ennemie, je ne suis pas folle, je sais que la Garde doit survivre si les territoires des Souris doivent prospérer.
Il se retourne, mais de toute façon sait bien qu’Annika n’est plus là. Edan hausse les épaules avant de rengainer la mandibule qu’il avait laissé choir, puis il regagne une de ses planques les mieux cachées, où l’y attend un hamac pour les quelques heures lui restant jusqu’au lendemain.

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LexMajor

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