Mouse Guard: What You Fight For

Descendance
Copperwood, Elmoss, Sprucetuck, Automne 1153

Confiants d’avoir appris tout ce qu’ils avaient à apprendre à Copperwood, la patrouille quitte la ville aussi rapidement qu’elle le peut, mais une épineuse question se pose: doivent-ils se rendre à Lockhaven pour exposer Lendra et ses idéaux moins que nobles, ou est-ce qu’Aubrey, dont la signature a été utilisée pour les attirer dans le piège, est-elle en danger? Ils optent pour se rendre à Elmoss, où un jeune garde un peu trop zélé se fait rabrouer par Godwin, qui entre d’un seul élan dans sa ville natale.

De là, ils suivent les indications d’Edan jusqu’à un tripot louche, où la moitié des notable de la ville s’affairent à parier sur les jeux de cartes, et sont mis à mal par l’arrivée des Guardsmice (de surcroît un notable de la ville comme Godwin!), mais l’ambiance se tasse jusqu’à l’arrivée de Curt, que nos héros avaient déjà rencontrés (en effet, celui-ci dirigeait l’entreprise de sabotage sur l’infrastructure portuaire de Port Sumac). On les fait poireauter, et ce jusqu’à ce que le groupe perde patience et se rende dans la maison ancestrale de Godwin, où Edan et Calum savent bien qu’on trouvera le mythique Snout; il s’agit en effet de nul autre que Godfrey, le frère de Godwin!

On retrouve le Snout à l’arrière de la maison, dans un bureau de travail convenant parfaitement au “cerveau de la bande” des Whiskers. Aubrey se retrouve à ses côtés. La discussion déboule rapidement et brutalement, et les accusations fusent de toutes part… envers Godfrey d’avoir tendu un piège… d’Aubrey de l’avoir injustement utilisé comme appât… de mener les Whiskers à se liguer avec des éléments voulant briser le territoire des souris… le clash est manifeste, et la tension monte.

Mais voilà que Calum lance un pavé dans la mare:
- … tu fais tout ça parce que tu veux protéger ta fille, c’est ça, hein?
- … de quoi tu parles, je n’ai pas d’enfants, tu divagues complètement, Guardsmice!
- … pourtant c’est évident, Aubrey te ressemble comme deux gouttes d’eau!
Les airs hébétés autour de lui signalent qu’il semblait bien le seul à avoir remarqué les similitudes dans les airs, le pelage et la posture entre Aubrey et à la fois Godfrey et Godwin, son père et son oncle respectivement. Les choses tombent rapidement en place… le sentiment de rejet d’Aubrey par son père et son empressement à l’enrôler dans la Garde, l’idylle jadis de sa mère Gale avec un amant qui jeta un froid persistant entre elle et son père, les allusions sur sa descendance des aïeuls à Godwin lors de son passage à Seyan.

Un ange passe. La discussion se recadre, et le Snout est visiblement ébranlé. Pas au point de joindre son entreprise à la leur pour défendre Sprucetuck comme l’en somme (un peu trop sèchement) Kieron, mais assez pour porter les messages à Lockhaven en leur place comme le plaide Edan, et leur détachera une escorte menée (à contre-coeur) par Curt pour porter secours à la ville qui court le risque d’un long et dur siège.

Quant à Aubrey, son coeur balance. Calum tente un peu maladroitement de lui avouer ses sentiments, mais le moment est peu propice, les mots (pour une fois) lui manquent, et Aubrey aura a réfléchir à son avenir puisqu’elle aime bien aussi la liberté et les mystères à découvrir qu’ont à lui offrir les Whiskers. Elle accompagnera néanmoins Curt et la Patrouille vers Sprucetuck le lendemain.

Ils quittent Elmoss le lendemain matin à l’aube. Le voyage n’est pas de tout repos mais ils font bon parcours. Un soir, leur campement est dérangé par une menace venue des bois… quatre billes luisantes, appartenant à des jeunes blaireaux affamés, les scrutent de la noirceur. Kieron, réalisant qu’il s’agit des blaireautins à qui ils ont laissé la vie sauve, les convainc de passer leur chemin et de ne pas tenter de se rassasier avec leur chair, et ils reculent dans la nuit sans demander leurs restes.

Ils entrent le lendemain à Sprucetuck par un chemin dérobé connu des Whiskers seulement, et volent directement dans le bureau du GrandMaster. Lewin, réalisant bien sa position de vulnérabilité, leur cède le commandement des forces de Sprucetuck et toutes ses ressources à une condition: qu’on sauve les personnes vulnérables et les précieuses archives de la ville en priorité, pour leur éviter le siège et de les perdre en cas de défaite.

Soudain, le sol gronde et tremble du déplacement d’une armée lourde. Les belettes sont arrivées, le siège de Sprucetuck a commencé.

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Appâts
Copperwood, automne 1153

Le temps est à la réflexion pour la patrouille, qui est au croisement de plusieurs voies s’offrant à eux. Comment peuvent-ils découvrir le pot au roses sur cette conspiration qui se trame? Kieron confère avec Erard, et son mentor est amusé après une remarque
- Il est essentiel que vous découvriez qui est en cause, je suis à court de mes propres ressources.
- Je te trouve à la fois bien curieux et justement plein de ressources, pour un vieil apiaire désinvolte, Erard.
- Tu es devenu bien perspicace dernièrement, Kieron… il était temps que tu te poses tout ça. Oui, j’ai gardé intérêt et contacts.

Godwin, lui, va droit au but après avoir vendu son idée au reste de sa patrouille: il faut remonter la piste “par l’autre côté”, c’est à dire par Copperwood, où on soupçonne le maire Firth d’avoir été le destinataire de la lettre interceptée. Il s’en va quérir la permission de Rand, qu’il obtient, ainsi que des lapins pour les emmener à destination.

La conversation porte soudainement sur la succession de la Matriarche, et Rand avoue que son choix dépendra grandement de l’état des choses: en cas de guerre avérée avec les Belettes, une Matriarche plus “guerrière” (comme Annika?) serait probablement un choix plus judicieux. D’ailleurs, Godwin a un trait de génie en proposant qu’Annika soit envoyée chercher la patrouille manquante; ça lui changera les idées, elle qui fulmine dernièrement.

Edan approche Bertom pour un peu d’information sur le voyage, et ce denrier dit qu’il enverra mot à ses contacts à Copperwood pour les aider, et en profite pour “passer une commande” d’une cargaison à rapporter de la ville minière. Le même sujet de la succession ressort, et Annika serait le choix de Bertom… pour que ses affaires prospèrent…

C’est sur l’accent chantant d’Edan discutant avec son lagomorphe que la troupe s’en va à Copperwood (via Ivydale), où ils arrivent une fois la nuit tombée et la ville fermée. Les gardes à la porte sont de marbres, raillant visiblement la “main tendue de Lockhaven” à leur endroit, et les faisant interminablement patienter à la porte de la ville. Edan n’emprunte pas le même chemin et se faufile acrobatiquement par les puits de lumière de la ville, confondant la garde.

Godwin, Kieron et Calum sont finalement admis dans la ville, sous l’oeil vigilant et surtout méfiant de la milice (c’est Melchior qui le dit à Kieron), et trouveront une auberge pour passer la soirée en attendant leur audience avec le maire. Calum “tâte le pouls” de la ville à force de chansons, qui s’avère à être chargé d’une ambiance assez chargée, sur le bord de déclarer la sécession d’une façon similaire Sprucetuck. Il y devine même une volonté de l’élite de la ville d’aller en ce sens.

Edan, quant à lui, réussit à entrer en contact avec les Whiskers (qui ont toujours leur museau dans tout), et c’est un cul-de-jatte borgne qui lui donne une lettre signée du “A” d’Aubrey, fixant rendez-vous dans des tunnels convertis en égoûts, pour le lendemain midi. Il lui confie aussi le paquet destiné à Bertom.

Le lendemain arrive rapidement, et l’entente est prise d’aller chez le maire mais de laisser Edan “faire son affaire”. On les reçoit froidement mais courtoisement, et c’est dans son bureau que Godwin rencontre Firth, le maire de Copperwood. La discussion tourne aux référence au père de celui-ci, et qui malgré son sens des affaires était tout de même loyal à la Mouse Guard (à qui il a vendu des chandelles pendant la guerre).

Pendant qu’ils lui parlent, il y a un bruit fracassant dans l’étude voisine du bureau du maire… ils y vont et trouvent une fenêtre ouverte (avec un Edan accroché dessous), un pot de fleur fracassé et un coléoptère quelconque, mais remarquent que les tiroirs ont été fouillés. S’ensuit un quiproquo où Godwin doit mentir à Firth et ne réussit pas vraiment à le convaincre (ce que Calum a très bien fait un instant auparavant après avoir vu Edan sous la fenêtre). Ils se font mettre dehors du bureau avec une confirmation claire si ce n’est que non-dite que Copperwood ne croit plus en la Garde.

Ils décortiquent la correspondance volée par Edan, et y découvrent trois faits: 1) c’est bel et bien la conspiration qu’ils redoutaient, et d’autre villages comme Sandmason et Pebblebrook en font partie, 2) Les belettes ont été mises sur le pied de guerre, ce que n’avaient pas prévu les conspirateurs, et l’armée Belette bouge rapidement sur Sprucetuck, et 3) le fameux contact de Lockhaven mentionne: “elle veut aussi la souveraineté de Lockhaven, qui ne devra plus dépendre des autres villes et villages, quitte à en annexer quelques-un”. Tout devient clair: c’est Lendra qui les a persuadé de ne pas dévoiler l’espion au grand jour, et encore une fois elle qui arguait de laisser toute sa “latitude” à Sprucetuck. Godwin reconnaît la traîtrise de Lendra, si ce n’est envers la Garde elle-même, du moins envers ses idéaux.

Ils vont au rendez-vous, où les attend Xavier qui est un sous-fifre des Whiskers, des … Rats (Féraux!), et… quelque chose dans l’eau. C’est un piège! Leurs adversaires s’empressent de fermer de lourdes grilles qui les emprisonnent (ce qui est clairement leur but). Edan réussit à se glisser hors de la trappe et à s’occuper de Xavier. Il pourront quitter ensuite par un tuyau, ce qui leur fera perdre un peu de temps (mais pas autant que s’ils avaient dû “passer à travers” la grille). Fait amusant: ils auront trouvé un véritable trésor dans une caisse.

Lorsqu’Edan ouvre le paquet destiné à Bertom, il se dit que la poudre à canon qu’il contient aurait pu être très utile pour se débarasser des grilles…

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Sécessions
Lockhaven, automne 1153

La porte ne s’était pas refermée que l’ensemble de Lockhaven entier savait que l’inévitable s’était une fois de plus produit:

Un vent de malheur était arrivé en même temps que la patrouille de Godwin, Calum, Edan et Kieron.

Le fait qu’ils aient à leur remorque la traîtresse Aubrey et Morton, le sombre assassin coupable de… de… d’on ne sait quoi au juste en fait, n’aidait pas à leur cause, mais quoi qu’il en soit leur arrivée passe bientôt derrière le vacarme qu’apporte la nouvelle de la sécession de SpruceTuck. Un conseil de la Garde (le premier depuis leur départ) est appelé, par une Matriarche qui semble-t-il a recouvré ses moyens.

Pendant que se rassemblent les Guardsmice, Calum fait un détour par chez Bertom, afin de lui apporter des nouvelles et de prendre le pouls de Lockhaven. Étrangement, le sournois cuisinier semble bien saisir l’ampleur de l’aventure vécue. Godwin tente de rassurer Aubrey, mais celle-ci est visiblement mal à l’aise, ébranlée par le fait d’être encore une fois peu la bienvenue dans ce qui a été autrefois sa famille.

Le concile s’assemble, avec pour la première fois depuis longtemps toutes ses têtes dirigeantes: le Garde-Capitaine, Lendra la Quartermaster, la Matriarche, et même l’ensemble des lieutenants. Une seule patrouille est manquante (celle de Kenzie, Saxon et Sadie), ce qui fait murmurer puisqu’on l’attendait incessamment.

“Nous voici une fois de plus rassemblés.” dit Gwendolyn, “je suis très contente de vous revoir” dit-elle avec un sourire qu’on jurerais destiné à la patrouille qui revient de bien plus loin que ne le croient tous.

Plusieurs affaires prennent l’agenda, et soulèvent des débâts âpres qui mènent à des votes serrés et déchirants:

  • Le cas de Morton est réglé: il ne sera pas exilé mais bien emprisonné dans les cachots de Lockhaven. Aubrey est satisfaite, elle craignait énormément tout le mal qu’il pouvait encore faire à l’extérieur des murs.
  • Bastian, qui a failli à l’honneur de sa cape mais s’est racheté de grande façon, est réhabilité dans la mémoire de la Garde, et son nom ne sera pas rayé du grand livre des GuardsMice. C’est un “coup de patte” de la Matriarche elle-même, ainsi qu’un vibrant plaidoyer de nos héros, qui ont suffi à convaincre l’assemblée.
  • Suite à ses actes de bravoure, dont la capture de celui qui était sans nul doute une menace aux Territoires des Souris, Aubrey a droit à un vote de l’assemblée pour la réintégrer comme Garde active. Le vote arrive en sa défaveur, et c’est la Matriarche qui tranche pour lui redonner sa cape et libérer la patrouille de sa responsabilité. Il y avait dans la patte de Rand une pierre noire, signe de son profond désaccord, et Aubrey est visiblement sous le choc de ce qui se résume à un vote de non-confiance de ses consoeurs et confrères.
  • Arrive l’affaire de SpruceTuck, qui enflamme les discussions. Devrait-on laisser SpruceTuck s’affanchir et être pleinement autonome, ou devrait-on intérférer de façon à éviter que son acte fasse tache d’huile sur les autres cités? Lendra argumente de les laisser avoir leur liberté, et Annika quant à elle veut les ramener dans le droit chemin… de force s’il le faut. Le vote est serré, et ne permet de déterminer que Lockhaven n’interviendra pas dans la nouvelle proclamation de SpruceTuck. Lendra et la Matriarche interdisent même tout contact.

Le Conseil se lève sur deux annonces d’importance: d’abord la nomination de Godwin comme Garde-Lieutenant. Furieuse de s’être vue ainsi coiffée au poste, Annika quitte en trombe la pièce… pour se voir trébucher lamentablement devant toute l’assemblée qui éclate malgré elle de rire (n’était-ce pas Edan qui traînait juste où elle est tombée quelques instants avant?). Honteuse et furieuse, elle disparaît dans l’escalier.

La seconde annonce est plus fracassante: La Matriarche laissera sous peu son office, pour des raisons qui ne concernent qu’elle. La Mouse Guard est en émoi, et ce n’est que lors d’une discussion ultérieure comprendront qu’elle est enceinte et doit se retirer pour cette raison, ce qui soulève plus de questions que de réponses.

Godwin et Kieron se précipiteront chez le vieux Erard, qui est abasourdi de la décision de non-interférence avec SpruceTuck, et soupçonne qu’il y a anguille sous roche. L’impression de Bertom de la valeur de Calum se confirmera plus tard dans la soirée par l’épique magistrale de Calum :“To Seyan and Back Again”, auquelle assiste une Aubrey ravie. Elle fera irruption plus tard dans la chambrette de Calum, et avant qu’il n’aie eu le temps de protester l’embrassera passionnément.

Au lendemain, les choses se résolvent de drôle de façon: Edan retrouve dans sa chambre une paire d’épées courtes visiblement confectionnées à partir des mandibules d’un énorme, gigantesque Scolopendre. Calum retrouve un lit et une chambre vide.

Et la patrouille n’est toujours pas revenue.

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Deuils
Lockhaven, automne 1153

Le Scolopendre est mort, Seyan est libre. Les souris qui semblaient dormir d’un sommeil trop profond sont désormais éveillées, et Seyan se remet sous son plus beau jour. Les choses semblent dans cet endroit, après tout, être plus affectées par les symboles que par la dure “réalité” des choses. Les blessures se guérissent en un clin d’oeil, les halls font écho à des conversations renouvellées, comme si elles n’avaient été que momentanément interrompues.

Rencontrant Silfano, Faulknir et Feruin, la première Matriarche, celle-ci leur sert cependant un bien triste avertissement:

Ne soyez pas surpris, vous aurez bien peu de reconnaissance là où vous allez… peu de gens reconnaîtront la valeur de ce que vous avez fait, s’ils y croient tout simplement… mais Seyan se souviendra, gardez bien cela en tête pour le moment où votre tour sera venu d’y séjourner.

Sur le chemin du retour, nos héros aperçoivent du coin de l’oeil des visages familiers, et confèrent même avec certains d’entre eux:

  • Calum retourne voir sa mère, pour lui redonner son pendantif, et celle-ci le serre une dernière fois dans ses bras, emplie de fierté maternelle.
  • Kieron aperçoit sa famille au loin, ceux-ci ne voulant pas se mêler à la vie des mortels. Il devine dans leur regard une certaine approbation sur ses actions.
  • Edan est surpris de voir certaines personnes qu’il connaîté séjourner à Seyan, lui qui était persuadé de n’avoir cotoyé personne qui serait digne d’y entrer.
  • Godwin croise l’un de ses aïeuls (est-ce son grand-père ou arrière-grand-père?) qui lui demande avec un clin d’oeil de “bien prendre soin de la descendance”.

Sefatus les salue à leur passage d’un hochement de tête approbateur, et sur le rivage le navire du maître architecte de Port Sumac, merveilleusement reconstrauit, n’a jamais eu si fière allure. Aubrey aura pris le soin de cueuillir sur la carcasse du Scolopendre de la mixture d’ombre (s’est-elle limitée à cela?), et ceux-ci vont voguer plusieurs jours jusqu’à apercevoir les étendards de Port Sumac.

Sur les quais, Herb est content de revoir son fils, même s’il ne peut concevoir l’ampleur du voyage de celui-ci.

Tu sais, fiston, vous n’aviez visiblement pas d’essayer en vain de tenter le destin ainsi. Je suis content de te revoir.

Maman va bien, lui dit-il en guise de seule réponse.

Ils rentrent à Lockhaven, où les choses semblent s’être calmées (la Matriarche s’est, bien sûr, réveillée entre temps) pour y soumettre leur prisonnier Morton au jugement de la Garde (pour quels crimes?), et rapporter les bien tristes nouvelles à propos de Bastian (quelle mémoire la Garde gardera-t-elle de lui?)

Comme rien n’est jamais calme longtemps à Lockhaven, un messager arrive dans les minutes après eux, essoufflé, et livre son lourd message d’entrée de jeu:

Nous avons perdu Sprucetuck.

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Royaume de l'au-delà
Seyan, automne 1153

Les jours coulent doucement à Port Sumac, même si une certaine urgence latente reste sur l’esprit de la patrouille. Forts d’une certaine reconnaissance de la ville, Godwin réussit à mobiliser les ressources pour que Bastian lui confectionne une armure, incluant les armoiries de sa familles au passage. Kieron a aussi d’anciennes armes et armures à troquer, et c’est un pêcheur qui lui achète en guise de cadeau pour son fils qui a décidé de joindre la Garde.

La discussion à savoir s’il faut tenter le voyage vers Seyan est âpre. Aubrey convainc de son mieux, Godwin s’est déjà rangé et Calum veut tenter l’aventure. Kieron se pliera aux arguments du groupe, et Edan fléchira enfin (non sans un commentaire acerbe) après un changement de ton à la mention à la mention des desseins de Morton. Ils appareilleront quelques jours plus tard, sur le bateau du père de Calum ( qu’ils ont sauvé d’un sabotage certain il y a peu de temps).

La lune est ronde et entière alors qu’ils ont un étrange sentiment à la suite de leur ingestion de la mixture d’ombre (qui a donné d’étranges frissons à Calum et Edan), pour pouvoir les emmener “sur le fil de la lame” comme dit Aubrey. D’une façon aussi incompréhensible que soudaine, la mer se déchaîne sur eux, fouettant leur visage et fracassant leur esquif de ses lames démontées. Ils perdent tous conscience, sombrant dans une abîme de noirceur, d’où une voix étrangère et glaçiale leur parvient.

Vous courez à votre perte… je vous attend.

Leur retour à la conscience les voit étendus sur une plage, reprenant vie après ce qui a dû être inexplicablement un naufrage tout près des côtés, puisque les débris du bateau (et de leur équipement) sont aussi tout près. Aubrey est aussi retrouvée dans les bras de Calum, confuse et gênée. La principale ombre au tableau est que leur vaisseau est irrécupérable, mais leur humeur s’assombrit encore plus lorsqu’ils ne retrouvent pas Bastian, qui n’a visiblement jamais complété la traversée. Ils arpentent les chemins sinueux qui mènent aux structures qu’ils aperçoivent au loin à travers la forêt.

Le sentiment qu’ils ressentent est particulier… comme si l’environnement tout autour d’eux éprouvait un malaise à leur endroit. Le ciel est illuminé d’un soleil absent, les arbres flétrissent sans mourir, et il règne un silence de mort inconfortable tout autour d’eux. Cette impression perdure jusqu’à leur arrivée dans les jardins d’un énorme bâtiment de pierre, où sont allongés par terre des souris de toutes origines et apparences, endormies comme le sont les malades qu’ils ont rencontrés, à la différence que ces souris présentent des traces bien réelles de morsures par ce qui semble être de petits scolopendres.

C’est une vision de légende qui s’ouvre devant eux: Sefatus gardant le pont qui mène à Seyan, la citadelle des morts. Mais quelque chose cloche: Sefatus vacille et titube, empoisonné mais ne voulant pas laisser son poste. Ne POUVANT pas laisser son poste, tel qu’il l’explique. La patrouille aura beau le raisonner de leur mieux, il ne veut rien céder, et ceux-ci se retrouvent à devoir “forcer” leur entrée (ce qui est tristement trop facile).

Leurs pas les mènent vers les bibliothèques, à travers des corridors jonchés de souris dans une torpeur irrévocable, pour retrouver Morton et sa douce compagne en train de lire paisiblement, comme si de rien n’était. La confrontation avec Morton est choquante, celui-ci pavanant avec orgeuil de sa victoire et les narguant:

Achevez-moi, vous me donnerez la toute dernière pièce qui achèvera tout ce que j’ai accompli.

Ils le maîtrisent plutôt (facilement, ce qui est suprenant), sans même l’aide d’Edan qui était resté en retrait, et le séparent de force de sa bien-aimée, qui est aussi confuse que lui est enragé. Avant de se diriger vers le coeur de Seyan, qu’ils savent instinctivement être la salle du trône, Calum cherche et trouve sa mère grâce au médaillon qui lui appartient. Assoupie, prête à succomber, elle réussit tout de même à avertir Calum:

Attention au venin qu’il crache.

lescolopendre.pngC’est d’un pas décidé qu’ils entrent dans la salle d’où Faulknir et Silfanos (les premiers Garde-Capitaines et Quartermaster), Feruin (la première Matriarche) et Sefatus (bien que sa chaise soit toujours vide puisqu’il ne quitte jamais son poste) gouvernent la cité des morts. Dans le fond de la salle, le Scolopendre, qui a tout orchestré et qui ne compte plus laisser sa place comme maître des âmes de Seyan, les attend.

Le choc est brutal… les mandibules de l’adversaire égratignent à peine Godwin mais pulvérisent la rampe du vaste escalier de la salle. Cela prendra l’effort et l’assaut combiné de toute la patrouille, non sans que Kieron ne frôle la mort, pour venir à bout de l’aversaire, qui cède enfin sous leurs coups.

Seyan est libre.

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Horizons
Port Sumac, Automne 1153.

La patrouille étant dûment assignée à Port Sumac, grâce à l’intervention experte de Godwin, il ont le loisir (enfin!) de prendre un peu de repos et de panser leurs plaies. Ça aura été une calvalcade effrénée depuis leur départ de Lockhaven pour Walnutpeck, qui se sera soldée par une victoire Pyrrhique dans le port de Port Sumac.

Edan, curieux, avait poursuivi le capitaine des bandits jusqu’à son repaire, et ses investigations subséquentes lui apporteront une certitude inconfortable: quoi qu’il en soit, les Whiskers sont mêlés à cette histoire jusqu’aux bouts de leurs moustaches. En effet, les méthodes et même certains signes secrets sont visibles pour qui sait regarder, et qui d’autre pourrait à la fois exfilter un fugitif et importer une telle quantité d’explosifs sans créer plus de remous? De plus, pendant le combat Edan aura subtilisé au capitaine des bandits un objet, qui après examen se révèle à être a poche un briquet ingénieux qui le lance sur d’autres pistes…

whiskers.png

Lors d’un souper à la maison de Calum, Aubrey aborde un sujet que tous savent inévitable. Elle opine ce que certains de la patrouille suspectaient déjà: l’étrange “maladie” qui affecte la Matriache et tant d’autres (le “Clerc” du village est aussi affecté) s’acharne en fait sur ceux qui ont un lien un peu trop étroit avec les esprit, ce qui explique que Kieron (avec Negash) et Calum (avec le pendantif de sa mère) soient aussi affectés. Elle propose un plan si empreint de folie qu’il déchire la patrouille.

- Prendre un bateau pour mourir? Vous êtes fous! Moi je ne fais pas ça.

CentipedeSymbol.pngKieron acquiesce du chef avec Edan, mais Aubrey persévère:

- Vous voyez d’autres moyens? Il faut se tenir sur le fil de la lame, entre la vie et la mort, et nous avons la mixture d’ombre pour y arriver. Les chemins vers Seyan sont nombreux, mais nous en avons un sous la main avec les voiles du port. Il faut arrêter Morton, où rien de tout cela ne vaudra la peine. Il faut le faire, le culte du Scolopendre n’attendra pas.

Godwin et Calum protestent peu et semblent étrangement résignés (ou est-ce de la curiosité maladive pour le barde?), ce qui ébranle le reste de la patrouille. Bastian, lui, voit là une occasion de racheter sa faute, et se porte résolument volontaire.

À l’horizon, une tempête se lève…

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Fuites
Port Sumac, début de l'automne 1153

Le temps était à partir, la patrouille ayant déterminé rapidement que la fuite d’un traître-espion, Bastian, était la chose la plus immédiate à régler. Pendant que Calum et Edan font des préparatifs, Godwin passe demander la permission de partir à Rand, par pure formalité. Il trouve celui-ci embarassé par le rôle de répartition des patrouilles sur le territoire, chose dont la Matriarche s’acquittait habituellement et lui donne un coup de main pour la tâche, améliorant au passage la portée de la Garde, ce qui lui vaut un bon mot du Garde-Capitaine pour partir. Kieron quant à lui tente d’obtenir la permission de Lendra pour emprunter des lapins, sans succès puisque celle-ci n’a pas de temps pour lui (Était-ce son imagination ou semblait-t-elle se désister?). Il passe un peu vite sur la permission et s’en va convaincre les lapins directement d’aller à Port Sumac avec eux, chose qui lui vaut deux lapins mais pas une patrouillel complète montée.

Ils quittent Lockhaven pour la ville natale de Bastian, mais peinent à établir avec certitude sa destination: après tout, et s’il se dirigeait ailleurs pour brouiller les pistes? Deux jours se passent sur le chemin de la ville portuaire avant qu’ils ne saisissent la trace dans le village de Berrymeadow (peu après Valfougères), où on leur confirme qu’un guardsmouse à cape bleue est passé dans le village il y a peu.

Pendant ce temps, à la fois Calum et Kieron continuent de ressentir cette étrange lassitude, cette étrange fatigue d’une origine mystérieuse, qui taxe leur voyage. À peine à une journée de Port Sumac, ils s’arrêtent dans une auberge où ils croisent un groupe de pèlerins qui se dirige à la ville portuaire rendre hommage à leurs défunts (après coup, d’aucuns se seront demandés pourquoi des souris terrestes auraient adopté des rites funéraires marins…)

Port Sumac maintenant à l’horizon, ils croisent le lapin de Bastian, qui bien content de pouvoir faire le chemin du retour avec ses compagnons leur confirme avoir laissé son cavalier sur place. Nos héros passent par la maison de Herb, le père de Calum, qui est plutôt à sa “soirée entre amis” avec Kole, le maire du village. Ils s’y invitent (Edan aussi, bien qu’il était certain d’aboutir à repaire de voleurs plutôt que chez chez le premier magistrat de la ville) et font part à la fois de la conspiration et de leur recherche de Bastian. Kole est un fier supporteur de la Garde, et Port Sumac en entier est une plaque tournante pour le ravitaillement de Lockhaven, ce qui fait réaliser à Godwin son importance stratégique pour d’éventuels ennemis de la Garde. Kieron s’interroge… assassiner quelqu’un dans la ville? s’attaquer aux infrastructures du port? Le maire est confiant que sa ville peut se garder elle-même.

Les souris se séparent entre la haute ville et la basse ville pour chercher Bastian… ceux de la basse ville ont bien peu de succès, à part peut-être Calum qui renoue avec des anciennes amitiés. Edan quant à lui sonde le terrain sur quelque chose ayant trait à la conspiration dont ils ont eu vent, et réussit à tirer “quoi que ce soit, ça arrive à Port Sumac ce soir”. Comme il convient à quelqu’un de son pedigree, Godwin fréquente la haute ville, où il débusque rapidement un Bastian qui fuit l’auberge; en y pensant plus tard, Calum s’en voudra: Bastian est un habitant de la haute ville de Port Sumac, un “marin de falaises”, comme on dit chez eux, il est normal qu’il aie trouvé refuge à cet endroit d’abord. Retardé par l’arrivée des mêmes pèlerins qu’ils avaient rencontré, Godwin le rejoint sur le bord de la falaise, prêt à s’enlever la vie pour le déshonneur qu’il a encouru. Godwin le convainc de ne pas commettre l’irréparable, et celui-ci lui explique ensuite que sa dette envers les belettes datait de sa capture pendant la guerre, qu’il était leur espion depuis, et qu’il avait fini de payer cette dette avec ce dernier coup d’éclat. Il nie entièrement être impliqué dans quelque conspiration contre Lockhaven, et cette confession soulève autant de questions qu’elle n’en solutionne: si ce n’était pas Bastian, qui donc est le contact de la mystérieuse conspiration à Lockhaven?

Réalisant soudainement (mais un peu tard) qu’on ne peut aperçevoir nulle part les pèlerins qu’ils ont croisé, la patrouille a l’idée glaciale que l’attaque est peut-être déjà en cours, et se précipite sur les docks. Ils arrivent sur les lieux pour voir que plusieurs gredins ont déjà procédé à… quelque chose, ce n’est pas clair. S’attaquant directement aux filous, ils ne portent pas beaucoup attention à des barils disposés sur différents bateaux et sur les quais. Ce n’est que lorsque les assaillants feront exploser certains d’entre eux avec leur arbalète qu’ils seront mis devant le fait accompli: il s’agissait bel et bien d’une mission de sabotage. Aubrey subira la force de la déflagration et il s’en faudra de peu qu’elle coule à pic. Les conspirateurs ayant été mis en déroute, le capitaine s’enfuit et Edan le suivra jusqu’à son repaire dans la ville.

Même si le pire a été évité (c’est à dire qu’une partie du port de Port Sumac ne coule dans les flots), le bateau ayant sombré était l’un des principaux navires d’approvisionnement appartenant à la mairie (le “P.S. Redoutable”), et bien qu’il soit peut-être possible de le renflouer, c’est définitivement un coup dur pour la ville entière, et conséquemment pour Lockhaven: pour les quelques mois à venir, le ravitaillement sera plus difficile et plus coûteux, ce qui n’augure rien de bon…

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Brèches
Lockhaven, début de l'automne 1153

L’Assemblée de la Garde est appellée, devant un Rand dépassé par les événements, et tous se préparent à une rencontre qui promet d’être pleine de rebondissements. En attendant, Calum et Edan vont négocier avec Bertom (pour vendre les oeufs d’araignées qui constituent leur butin de guerre), et il leur dit qu’il ne connaît pas vraiment l’état de la matriarche, tout en achetant leurs oeufs à vil prix. Calum le taquine sur le fait que la matriarche est probablement tombée malade en mangeant sa cuisine, mais Bertom n’a pas vraiment le coeur à rire. En sortant, Edan aperçoit du coin de l’oeil une figure familière

Godwin va voir Lendra, pour lui montrer la lettre, elle lui conseille de ne pas trop en parler. Kieron quant à lui va voir Erard, qui lui fait vider des alvéoles et fumigèner des abeilles pour lui calmer l’esprit. Il lui parle de Negash surtout, ce à quoi Erard lui confirme qu’il s’agit d’un objet autrement plus puissant que ce qu’il croyait. Kieron lui demande en quittant “tu faisais quoi quand tu étais actif dans la garde?” ce à quoi le vieil apiculteur lui répond “Il était temps que tu poses la question… mais c’est pas pas de tes affaires”.

L’assemblée débute en trombe: Annika attaque la patrouille derechef et les accuse d’avoir apporté des problèmes jusqu’à Lockhaven. Elle propose une attaque sans riposte, pour régler le tout d’une manière décisive. Lendra et Godwin interviennent et proposent plutôt de “voir ce qu’elles veulent” par voie diplomatique. Un mélange de proposition d’Annika et d’assentiment de Lendra décide que ça devrait être la patrouille de Godwin qui soit la délégation. Le vote (un vote simultané mais ouvert avec des pierres blanches/noires qui montre le sens du vote de chacun) donne la faveur à la délégation, la patrouille de Sienna a été unanime (tout comme la patrouille, d’ailleurs).

Vient ensuite le “procès” d’Aubrey. Elle parle du culte du scolopendre, de son faible pour la substance d’ombre, et de ce que Morton vise à faire à Seyan. Stupeur et consternation générale, mais les souris n’y croient pas vraiment. Elle laisse son sort entre les mains des souris, sans y croire vraiment non plus à son tour. Annika parle d’exil ou de cachots, et l’une des propositions est en ce sens. L’autre proposition est que la patrouille se porte garante d’Aubrey avec leurs capes. À force de discussions, il est établi que cela ne sera que jusqu’au réveil de la Matriarche, qui décidera alors quoi faire. Le vote revient … NOIR, i.e. pour mettre Aubrey au Cachot, mais Rand rend la décision de la laisser sous surveillance. Dans une discussion avec Godwin après, il lui dira que s’il ne s’était pas abstenu, il l’aurait lui aussi envoyé au cachot. Godwin tente de parler de la lettre, mais Lendra lui fait comprendre d’un signe que ce n’est pas une bonne idée.

Le soir venu, Godwin va voir Erard et discute avec le vieux garde, occupé à récurer énergiquement une alvéole. Il lui montre la lettre, ce dernier est interloqué et va se pencher sur l’affaire. Calum va voir Aeren, mais le trouve écroulé, le pouls très lent, comme endormi et impossible à réveiller. Il alerte les gens. Au même moment Godwin va voir la Matriarche, la trouve dans un état similaire à Aeren (ce qu’il discutera avec les autres par la suite). En quittant il convainc Rand de prendre du sommeil, lui qui semblait brûler la chandelle par les deux bouts.

Kieron va voir Delvin, qui n’a cure de lui, et va conséquemment se paqueter après dans le Mess Hall, où il est réveillé par une énorme belette fantômatique (!) qui l’avertit que quelqu’un s’en vient, pour aller ailleurs, mais qu’il est suspicieux. Il parle souris mais est très condescendant (“vous vous ressemblez toutes”). Kieron va chercher Edan, qui suit l’intrus, constate qu’il va parler aux Belettes, et rentre. Il lui tend une “embuscade” pour savoir de qui il s’agit, est c’est au bout d’une échauffourée qu’il voit qu’il s’agit de ”/characters/bastian" class=“wiki-content-link”>Bastian le forgeron, qui l’égratigne avec sa hache. Il sonne l’alarme mais on s’aperçevra par la suite qu’il a fui à dos de lapin.

Godwin montrera aussi la lettre à Rand, qui en prend acte mais ne sait pas quoi en faire (il demande à Godwin “je commence à croire comme Annika que vous n’apportez que des problèmes”). Le lendemain, c’est le temps de la rencontre avec les belettes. La reine Narua réclame réparation pour leurs transgressions de leur territoire, et pour avoir nié au roi Abraxès une mort dans l’honneur. Elle reconnaît Aubrey, et sait qui ils sont (ce traître de Bastian!). Elle re-veut en plus l’épée Negash, mais reconnaît qu’elle appartient maintenant aux souris, ayant été obtenu en combat (même inégal). Elle est légèrement secouée quand on la confronte au fait qu’elle avait un espion dans les murs, mais affirme “qu’il a eu son utilité”. Les souris proposent éventuellement un duel, ce que la reine accepte, se désignant elle-même comme Champion. Elle choisit Lockhaven comme lieu, et eux répondent qu’ils doivent demander à leur chef. Rand rejette sur Godwin la décision de sacrifier une souris en duel, lui remettant sur le nez ses propos sur l’importance d’une souris lors du sauvetage de son frère pendant la guerre.

N’empêche, la nuit n’est pas réparatrice pour Kieron ni pour Calum, qui étrangement ne s’en sentent pas reposés du tout.

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Actes de guerre
Fin de l'été, 1153

La troupe est toujours dans la tanière qu’avait habité Morton, sous le choc, quand leur situation leur apparaît soudainement très claire et un peu inquiétante: ils sont au fond d’une ville occupée par des belette, et il leur faut en sortir au plus vite. Les discussions sont vives et montrent leur nervosité: certains remettent en question s’il faut ou non faire quelque chose pour Seyan, Edan leur rappelant tout lucidement (et candidement) qu’ils sont accompagnés d’une traîtresse à la garde. En empruntant les tunnels de retour, Calum ne peut s’empêcher d’écouter les belettes… l’une d’entre elles, fière, noble et visiblement en charge, distribue déjà les ordres… de les trouver!

Ils s’enfuient rapidement et efficacement, évitant les patrouilles et la poursuite… mais c’était sans compter sur l’aigle qui avait mis en désarroi les gardes de la ville, qui revient à toute vitesse, et fond sur eux! Edan et Calum avancent facilement, suivi de Godwin et (péniblement, lentement) de Kieron. Aubrey, quant à elle, n’est… nulle part. La suite est une confusion de plumes, flèches, de serres d’acier et même d’acide (lancé par Kieron sur le volatile), qui se solde par des souris apeurées (terrifiées pour certaines et refusant de s’approcher, même!) mais un aigle qui laisse tomber sa proie (de haut!). Ils ont échappé à Walnutpeck.

C’est sur le chemin du retour, une nuit alors qu’ils font campement, que Calum entend la forêt se taire soudainement… quelque chose l’a dérangé. Le lendemain, forts de leur mission de Guardsmice, ils se rendent au lieu de la commotion, pour y trouver des traces d’un corps de souris, traîné sur le sol par … quelque chose de plus gros. Au bout de la piste, dans un tronc creux que Calum va épier sous un sort d’invisibilité, un repaire d’araignées qui ont mis leur victime “au garde manger”. Après concertation, Godwin sonne soudainement la charge sur les aranéïdes, qui malgré leur grande taille se voient tailler en pièce par la patrouille. La dernière tente de se sauver dans un racoin ombrageux… d’où ressort Aubrey un instant plus tard, rangeant son bâton.

Sur le corps froid de la souris messagère, ils retrouvent une bien étrange lettre dont ils digéreront le contenu graduellement et reprennent le chemin de Lockhaven. C’est lorsque ses tours sont en vue qu’Aubrey émet des doutes quand à l’accueil qui l’y attend. Ils parviennent (d’un coup de pouce de Godwin) à la convaincre de s’en remettre au jugement de la Matriarche, et elle entre avec eux à Lockhaven.

C’est le capharnaüm, une consternation et une confusion si grande règne que bien peu de souris remarquent la présence d’Aubrey. Ils se rendent au bureau de la Matriarche, où siège… le Garde-Capitaine, inconfortable dans ce siège. La matriarche est très malade. Certains émettent des doutes… poison? Malversations? mais Rand écarte ces doutes et mentionne seulement que celle-ci n’est pas disponible, simplement malade. C’est à ce moment qu’arrive sa lieutenant Sienna, qui annonce avec une certaine panique qu’une délégation de belettes a élu domicile devant les portes de Lockhaven et qu’elle demande à voir la chef de la garde (Ce n’est qu’après qu’elle s’aperçoit de la présence d’Aubrey, et se raidit en portant la main – momentanément – à son épée).

Rand se prend la tête entre les deux mains, et pousse un soupir avant de déclarer:

- Rassemblez les chefs de patrouilles, nous avons à parler.

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Bon vent
Printemps 1147

lemna.pngLe jeune souriceau pleurait, dans le noir de sa chambre. Un râpement à sa porta laissa entrer un homme costaud, au pelage plus ébouriffé. Son père. On aurait pu croire, à Port Sumac, que ce dernier fréquentait les tavernes de marins de la basse-ville, mais il n’en était rien. Il devait son air défraîchi à la vigile qu’il avait rendu à sa chère, sa douce, sa tendre Lemna, morte hier après s’être étiolée bien trop longtemps.

Il passa son bras autour de Calum, qui cessa de sangloter un peu.

Il est temps, lui dit-il. Il se leva, le souriceau suivit, et tous deux quittèrent la sombre chambre pour aller aux quais. Le soleil couchant cédait sa place à une lune ronde et belle, bon présage pour le long voyage que la barge funéraire aurait à entreprendre.

Herb aperçu du coin de l’oeil un reflet doré, regarda les mains de son fils et y vit le pendantif que portait sa femme, un pendantif de nacre et d’onyx qui reflétait toujours l’état de la lune.

- Fiston, tu sais bien ce que dit la tradition… on doit envoyer les objets des morts avec eux à Seyan, ça leur porte bonne fortune.
- Oui, papa, mais je n’arrive pas à m’en séparer. Ce sera la seule chose qui me restera de maman.
Une larme se massa au coin de l’oeil de l’homme, touché.
- Fais ce que tu dois, mon fils, je veux d’abord que tu sois heureux.

Le village entier était rassemblé, du maire Kole (descendu de la haute-ville) jusqu’à l’idiot du village. La cérémonie fut triste, tout le monde aimait beaucoup la défunte.

Le clerc finit son hommage dans un silence, lorsqu’il sentit une petite patte tirer sa robe…c’était le petit Calum qui lui montrait son médaillon.
- Que fais tu avec ça, petite souris?
- C’était à ma mère, dit-il, comme si c’était une explication.
- Cela lui appartient encore, même si elle n’en aura plus besoin, n’est-ce pas? Fais “la bonne chose”, petit Calum.

Ce dernier se dit que la bonne chose était de le garder, en souvenir de sa mère. Il le glissa sous ses vêtements où il le porte depuis. Celui-ci l’a souvent réconforté, certaines nuits seul dans la nature, où il faisait luire son nacre à la lueur de la lune.

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