Mouse Guard: What You Fight For

Le Concile des saisons
Lockhaven, Printemps 1153

À la veille du Concile des Saisons, les guardmice de Lockhaven sont en pleine frénésie des préparatifs. Kieron veille à la ruche, Edan se met les pieds dans les plats (de pâtisserie), Godwin parle avec les autres guardmice (dont Aubrey), et Calum ne tient pas en place. Ils se verront confier la tâche d’escorter la délégation de Elmoss puisque selon les traités anciens “Aucune force armée que la garde n’est tolérée dans le territoire de Lockhaven.”

Après avoir débourbé la (petite) délégation des boues créées par les pluies torrentielles, la patrouille se fait attaquer sur le chemin du retour par des bandits et des mille-pattes dressés (au grand étonnement de Kieron). La bataille est fracassante, et les assaillants semblent vouloir assassiner (ou du moins neutraliser) la mairesse Alvina, ne retraitant que lorsqu’il est clair qu’ils n’y parviendront pas. La troupe panse ses plaies après la bataille féroce, et retourne à un Lockhaven inquiet; Gwendolyn compte en effet beaucoup sur la mairesse pour être un contre-poids au maire Firth de Copperwood, très revendicateur. Les souris se feront “passer un savon” par Rand pour leur laxisme, ce qui enragera Calum et lui vaudra un tour de garde supplémentaire, tour de garde qui aurait aussi été réservé à Edan s’il ne s’était pas éclipsé en plein milieu du sermon au grand dam du garde-capitaine…

Le lendemain, le concile se déroule très cahoteusement, et les patrouilles sont envoyées en mission. Celle de nos héros a une mission particulièrement courte et rentre tôt à Lockhaven. C’est à sa fin des délibérations que sous les yeux de Godwin et d’Edan, une pierre de Lockhaven passe tout près d’écraser le maire Dunstan de Barkstone (qui en est très contrarié). Edan découvre à l’endroit où la pierre est tombée une plume de paon qui semble tirée du costume de la délégation de Copperwood, mais n’y croit pas une seconde et fouille jusqu’à en trouver un morceau de tartan déchiré entre deux pierres. Il en touche un mot à ses confrères.

C’est le soir au banquet que ce morceau de tartan prends tout son sens: il s’agit de la cape d’Aubrey, qui semble vouloir empoisonner les délégués et la Matriarche! Calum bondit et empêche le pire et fait voler le verre empoisonné des mains de Gwendolyn. Il poursuit Aubrey qui se sauve, avec Godwin et Edan juste derrière. Kieron tente de coordonner dans la panique, ce qui sera utile peu de temps après.

Poursuivie jusque dans la plus haute tour de Lockhaven, celle de guet, Aubrey lance à ses poursuivants “vous croyez vraiment que j’ai agi seule?”. Elle a les yeux qui luisent d’une lueur noire et étrange, et elle s’élance du haut de la tour avec son bâton. Réalisant le danger, les héros accourent et l’arrière garde coordonnée par d’autres guardmice réussira à empêcher le pire, même si deux Tenderpaws et le maire d’une petite ville périront aux mains d’un fanatique. Lorsque Godwin arrive dans la chambre de la Matriarche, l’un des fanatiques gît par terre, l’une des hallebardes “décoratives” normalement accrochée au mur de la pièce enfoncée dans le crâne.

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Dilemme Cornélien
Walnutpeck, 1149

Pendant la guerre contre les Belettes, un détachement défendait le village de Walnutpeck des envahisseurs Belettes.

Le détachement est sous le commandement de Godfrey de Elmoss, et compte parmi ses membres son frère Godwin, ainsi qu’une jeune recrue prometteuse du nom de Kieron. Malheureusement, la situation n’est pas rose: Godfrey a été capturé lors d’un assaut par une troupe de Belettes, qui se sont enfuis, blessés, mais ce faisant ont laissé leur campement principal vulnérable à une attaque. Tout le monde sait que Godfrey est très loin d’être un officier modèle, certains prétendant même méchamment à voix basse “qu’un est mieux sans lui”.

La situation est cruellement simple: aller secourir leur officier, ou profiter d’une opportunité de “briser” l’attaque des Belettes sur le village.

Godwin lance un vibrant plaidoyer pour son frère en référant à la solidarité entre souris, faisant remarquer à juste titre que c’est cette solidarité qui est le meilleur rampart contre les prédateurs et autres dangers. Lorsqu’il demande à tous “Voudriez-vous qu’on vous abandonne ainsi aux ennemis?”, un garde lui répond “oui il faut accomplir notre mission”, mais sa phrase sonne creux et ne convainc personne, pas même lui-même. Les souris commencent donc à assembler leur équipement pour la mission de sauvetage.

Kieron ne dit rien, visiblement quelque chose le dérange, mais il reste stoïque alors que tous se préparent. Lorsque questionné par Godwin, il ne lance qu’un “Si c’est comme ça” laconique. Ils récupérerons Godfrey le lendemain.

Le village tomba aux Belettes quelques jours plus tard.

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Commissions et Cambriolages
Lockhaven, Elmoss, Sprucetuck, Été 1153

Lockhaven, 1153

C’est dans la taverne de Lockhaven où boivent tranquillement Edan et Calum, que Bertom vient les rejoindre pour “parler affaires”. Il leur apprend (de “source sûre”) qu’ils seront sous peu envoyés en mission à Sprucetuck, et passeront par Elmoss. Il leur demande donc d’aller livrer un message à un ami à lui, membre d’une organisation appellée les Whiskers et qu’on appelle le Snout. Il mentionne aussi (“de façon tout à fait désintéressée”) qu’est stockée à Sprucetuck une huile rare, raffinée, qui a des propriétés particulières et qui irait chercher un fort prix à des acheteurs intéressés. Il empresse aussi Calum de “refaire le plein de plaisanteries”, ses dernières étant tombées à plat lors de la dernière soirée…

Comme de fait, la convocation à l’antichambre de la Matriarche arrive sous peu, et la patrouille est dépêchée vers Sprucetuck, chargée de se munir d’un scellant spécial pour le toit de Lockhaven, qui avec les pluies torrentielles récentes a été endommagé. Elle leur demande aussi de tenter d’obtenir (contre travail rémunéré au besoin) un antidote au poison de mille-pattes, vu les événements récents. Avant de partir, Kieron a une discussion avec Erard, et le vieil apiculteur a pour lui quelques demandes supplémentaires…

Les souris engagement aggressivement la route, quittant le soir même en prévision d’une arrivée en soirée deux jours plus tard. La première soirée tout près de Lockhaven se passe sans encombres, mais la seconde les met dans un certain embarras: aucun site sûr n’est à portée, il y a une odeur de prédateur dans l’air, et ils doivent choisir entre “forcer la marche”, au risque de se fatiguer, ou monter le campement dans un endroit risqué. Ils décident de faire face à leur craintes, et au final ce n’est que le soleil levant qui les surprend au petit matin.

En arrivant à Elmoss, la bande va prendre une place à l’auberge, Edan remarque les signes distinctifs des “Whiskers” sur les murs de la ville et s’éclipse discrètement, non sans avoir dérobé à Calum la lettre qu’ils devaient porter au “Snout”, qu’il rencontre finalement. Celui-ci le met en garde qu’au moins une autre “partie intéressée” a été envoyée à Sprucetuck pour récupérer quelque chose qu’ils cherchent aussi.

Godwin va rendre visite à la mairesse qui l’accueille à bras ouverts, et elle lui confie certaines préoccupations: une organisation nommée les “Whiskers” lui cause beaucoup de soucis, “volant aux riches pour donner aux pauvres” dans les réserves de la ville, quitte à menacer la survie de la ville en cas de désastre. Elle démontre aussi une certaine affection pour le Greyfur, qui ne lui retourne que de façon courtoise.

Avant de partir, l’équipée va rendre visite à Godfrey, le frère de Godwin, qui vit dans la maison ancestrale maintenant transformée en pur capharnaüm. Il est content de les voir: il leur offre du thé dans une théière poussièreuse sur une table décrépite, et leur offre à leur départ des dragées à la menthe selon une vieille tradition familiale. Kieron ne lui addresse toujours pas la parole, les blessures du passé étant encore vives.

La marche vers Sprucetuck se déroule à merveille, et à leur arrivée les informations d’Edan les dirigent tout de suite vers les entrepôts de la ville, où sont pris en flagrant délit deux mésanges cambrioleuses et une vieille connaissance: Aubrey. Celle-ci se rendra pendant l’échauffourée suite aux appels à la raison de Godwin, mais tente tout de même de dérober la bouteille d’antidote des stocks. Leur larcin aurait réussi si les oiseaux n’avaient été abattus à quelques pas de la fenêtre par les Guardmice. On trouvera dans leurs poches… de délicieuses dragées à la menthe.

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Déprédations
Lockhaven, fin de l'été 1153

La poussière retombe à peine sur le cambriolage que Kieron réussit à discuter avec le Grandmaster Lewin, qui est un peu éberlué de ce qui vient de se passer, mais convie les Guardmice à dîner le lendemain. Ceux-ci occupent leur matinée à différentes affaires: explorer la cartographie pour Calum, prendre le pouls de la population pour Godwin, voler des sucreries à la cuisine pour Edan.

Le dîner est une affaire bien formelle, qui commence agréablement mais dégénère assez vite lorsqu’il est question des demandes des souris: le scellant pour Lockhaven, l’antidote de poison de mille-pattes, et … Aubrey. Lewin leur fait clairement comprendre qu’il faudra pour tout obtenir débarrasser un terrier de dangereux blaireaux nouvellement installés. L’affaire est périlleuse… Calum voit de très près la mort lorsqu’il s’aventure en reconnaissance, la troupe survit à la charge du mâle, et leur tentative de faire fuir la femelle ne fait qu’enrager cette dernière, qui les attaque frénétiquement mais la patrouille prévaudra. Dans un geste de compassion qui pourrait un jour coûter cher, ils laisseront fuir les blaireautins.

Alors que toutes leurs affaires sont réunies (y compris une Aubrey qui ne leur offre qu’un silence complet) et qu’ils s’apprêtent à quitter Sprucetuck, une souris à la fourrure et au visage pâle aborde Calum pour lui confier une lettre destinée à la Matriarche de Lockhaven. Le chemin vers Elmoss se déroule bien, et à l’arrivée c’est Godwin qui se dirige vers chez son frère, les dragées incriminantes à la main. Celui-ci les reçoit de façon désinvolte (et avec sa cape de Guard en guise de nappe, quelle insulte!), et Kieron assiste à une conversation acerbe entre Godfrey et son frère qui remonte des ressentiments de part et d’autre. Godfrey dit qu’il a bien des détails sur les embrouilles dont ils parlent mais qu’il ne donnera de réponses qu’à Edan et Calum, plus raisonnables que leurs comparses.

Lorsque ceux-ci se pointent, c’est Le Snout qui les accueille et leur parle d’une souris pâle qui était l’autre partie du contrat passé avec les oiseaux. “N’oubliez pas de prendre des dragées en sortant… c’est une tradition de la maison” leur lance-t-il avec le sourire. Calum ouvre alors la lettre de Gwendolyne, qui s’avère être empoisonnée, et celle-ci est signée du nom de Morton, un nom que ne connaît que trop bien Kieron, qui l’a cotoyé à Walnutpeck dans son enfance.

Ils quittent Elmoss le lendemain, et c’est au réveil du campement le sur-lendemain qu’on constate deux choses: Godwin est étendu, assommé, et Aubrey s’est enfuie, emportant avec elle son bâton. Seuls les papillons de nuit sauront ce qui s’est réellement passé cette nuit-là.

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Augure
Début de l'autome 1152, dans un camp militaire

La pluie tombe sur le camp, et les soldats sont nerveux. La route qui s’étire devant eux mène sans le moindre doute au mieux à une bataille âpre et fratricide, au pire à un interminable siège. C’est le charisme de leur chef qui leur donne le courage de continuer. La cause.

Une jeune souris à la fourrure blanche, manifestement une nouvelle recrue, astique et nettoie énergiquement les armures de ses compatriotes. On lui a dit qu’il s’agissait d’un rite initiatique, il n’est pas dupe mais sait bien que toutes les raisons sont bonnes pour tisser des liens.

À côté d’elle, une autre souris, plus vieille et à la fourrure pâle, frotte ces mêmes casques et gamelles, mais avec un air absent, le regard dans le vague. Elle dit soudainement:
- Crois-tu vraiment que tout ça en vaille la peine?
La jeune souris, surprise, répond.
- Oui, il faut y croire, c’est tout. Je suis sûr que ça en vaut la peine.
- Et qu’est-ce qu’on fait si on arrive à un cul-de-sac, si tout cela échoue? Tu crois que le chef sait ce qu’il fait? Qu’il s’en soucie?
- Bien sûr. Il faut que les choses changent…ce n’est plus tolérable. Nous vivons sous un joug dont il faut se défaire, tu l’as bien entendu.
- Sûrement, accorde mollement la souris à l’air pâle.

Dans le regard de la jeune souris, la conviction vacille: est-ce vraiment la bonne chose a faire? Il semble s’en convaincre:
- Quand c’est important, même si on échoue, on n’abandonne pas… on réessaie, encore, par tous les moyens nécessaires, à tout prix. Il le faut.
- Merci, ça me rassure, je tâcherai de m’en souvenir.

La souris à la fourrure pâle se lève, laisse tomber le casque qu’elle frottait ar terre, et quitte le bord du feu.

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Égarement
Fin de l'été, 1153

Bredouilles de la perte de leur prisonnière, la patrouille avait néanmoins une mission à accomplir, et c’est sous la pluie, incertains de leur succès qu’ils rentrent à Lockhaven, où Lendra prend livraison du scellant qui permettra à Lockhaven d’endurer l’automne qui suivra cet été diluvien. Rand est très content de voir revenir une patrouille, lui qui semble à court d’effectifs. Il est impressionné du succès de leur mission, entièrement indifférent au fait qu’Aubrey se soit échappée, et est-ce une pointe d’envie qu’on vu les souris poindre dans ses yeux au récit du combat avec les blaireaux?

Edan et Calum rapportent l’huile aux propriétés surprenantes à Bertom, non sans s’en être négocié une dose pour leur usage personnel. Les deux entreprennent d’en enduire leur armure de cuir clouté pour lui donner une résistance sans y enlever de souplesse. Godwin, lui, confie à Bastian la lanterne qu’ils avaient trouvé, qui s’avère être un très vieux modèle, tout en fonte, d’une résistance hors du commun et connue pour garder chaudes les braises. Le forgeron, inspiré, lui redonnera une masse d’arme qu’il surnomme le Tisonnier, confectionnée de cette même lanterne, qui fera goûter aux ennemis la brûlure de son contenu!

En sortant de la taverne, Calum est interloqué par un monologue confus de Aeren, une jeune mais preuse recrue. Enjôlé à se confier par le barde, celui-ci lui conte des rêves et des visions horribles de Seyan, l’au-delà qui attend les valeureuses souris… Seyan déserté, Sefatus mort… de sinistres présages dont le console Calum, malgré un certain malaise. Le vieux Erard apprend de Kieron les humeurs de Sprucetuck et de ses dirigeants, mais ne semble pas en faire de cas; Kieron a remarqué depuis longtemps que lorsqu’il discute ainsi, son regard cesse d’être vieux et doucereux pour devenir vif et rusé.

C’est une lettre inattendue pour Godwin, portant seulement la mention de “Walnutpeck, A.” qui vient tout basculer. Son récipiendaire veut sans tarder se porter à la recherche de celle qui fut sa protégée, mais le Garde-Captaine n’entend rien ainsi: il ne se départira pas d’une patrouille sur une chasse folle pour une fugitive. Il faudra la main bienveillante de la Matriarche elle-même, pétitionnée par le chef de patrouille, pour le faire céder, et ce sans gaité de coeur. Au passage, l’orgueuil d’Edan est écorché par Annika, qui trouve bien laxe la discipline de sa patrouille.

Qu’importe, la patrouille quitte avec la ferme intention d’aller au-delà de la barrière d’odeurs. Le temps est plus que maussade et Calum en vient à redouter que le terrain même ne les trahisse, ce qui se produira au pire des moments: lors d’une attaque de bandits grenouilles pendant un passage à gué d’une rivière gonflée par les torrents! Il ne s’en faut que de peu que la boue les emporte, mais ceux-ci arrivent enfin dans la ville de Walnutpeck, maintenant occupée par des Belettes.

Kieron se souvient de tunnels possiblement épargnés par les Belettes, mais deux gardes se dressent entre eux et leurs objectifs. La fortune leur sourit lorsqu’un aigle énorme se porte à l’attaque, leur donnant l’occasion de s’infiltrer dans les tunnels d’où ils atteindront la salle du trône d’Abraxès, Roi des Belettes de Walnutpeck, devant lequel figure une Audrey battue. Alors que celui-ci s’apprête à la dévorer, nos héros frappent comme l’éclair, assassinant le roi avant même qu’il aie pu la toucher. Son garde du corps, sidéré, s’enfuit en leur donnant l’occasion de rejoindre une antre d’hermite, sale, qu’Aubrey avait manifestement visité et où Morton a séjourné.

Kieron a profité de la cohue pour prendre un trophée de guerre.

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La folie des ombres
Épilogue du chapitre

- Il est fou, il est complètement fou, vous ne comprenez pas! Il veut attaquer Seyan. Il va séjourner au royaume des morts même!

La voix d’Aubrey, meurtrie et éprouvée, est entre le désespoir et la folie qu’elle attribue à Morton. Godwin la berce doucement, paternellement, dans ses bras.

- Calme-toi, petite, ce que tu dis n’a aucun sens… notre temps d’aller à Seyan et encore bien loin, le tien encore plus que le mien.

Calum interjecte, énervé.

- Et puis, on ne va pas à Seyan comme ça! C’est dans les histoires et les contes de féé ça!

Sa voix semble plus convaincue qu’il ne l’est réellement. Kieron hoche gravement la tête.

- Vous ne connaissez pas Morton. Il a toujours été animé d’une froide détermination. Il n’a pas de scrupule. S’il y a un moyen, il est bien celui à pouvoir le trouver.

Aubrey se ressaisit, sa voix maintenant douce et posée, érudite:

- Il y a bien un moyen… de se porter à la frontière de la mort, sur la lame du couteau si l’on veut. Le venin de scolopendre est une clé… si on a de la mixture d’ombre, l’antidote, on peut assez facilement en balancer l’effet et marcher sur le fil. C’est un effet… puissant… enivrant. Elle baisse le regard, soudainement gênée. C’est pour ça qu’il voulait en dérober à Sprucetuck. Mais Morton a dû transcender cela… il a dû trouver la juste dose de poison, ou s’y accoutumer… mais il a réussi, j’en suis sûr. Il a peut-être eu de l’aide. Plus rien n’est sauf à Seyan. Ni ailleurs… il est fou…_

Godwin demande finalement, démuni… “Mais pourquoi?”.
_
- Pour retrouver sa belle, morte pendant l’assaut de Walnutpeck, enfin. Pour la venger, enfin._

Au fond de la pièce, Edan est immobile, muet, fixant une inscription à la chaux sur le mur, des paroles qui lui mordent cruellement son esprit. Elles sont de quelqu’un qu’il connaît bien:

“Quand c’est important, même si on échoue, on n’abandonne pas… on réessaie, encore, par tous les moyens nécessaires, à tout prix. Il le faut.”

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Bon vent
Printemps 1147

lemna.pngLe jeune souriceau pleurait, dans le noir de sa chambre. Un râpement à sa porta laissa entrer un homme costaud, au pelage plus ébouriffé. Son père. On aurait pu croire, à Port Sumac, que ce dernier fréquentait les tavernes de marins de la basse-ville, mais il n’en était rien. Il devait son air défraîchi à la vigile qu’il avait rendu à sa chère, sa douce, sa tendre Lemna, morte hier après s’être étiolée bien trop longtemps.

Il passa son bras autour de Calum, qui cessa de sangloter un peu.

Il est temps, lui dit-il. Il se leva, le souriceau suivit, et tous deux quittèrent la sombre chambre pour aller aux quais. Le soleil couchant cédait sa place à une lune ronde et belle, bon présage pour le long voyage que la barge funéraire aurait à entreprendre.

Herb aperçu du coin de l’oeil un reflet doré, regarda les mains de son fils et y vit le pendantif que portait sa femme, un pendantif de nacre et d’onyx qui reflétait toujours l’état de la lune.

- Fiston, tu sais bien ce que dit la tradition… on doit envoyer les objets des morts avec eux à Seyan, ça leur porte bonne fortune.
- Oui, papa, mais je n’arrive pas à m’en séparer. Ce sera la seule chose qui me restera de maman.
Une larme se massa au coin de l’oeil de l’homme, touché.
- Fais ce que tu dois, mon fils, je veux d’abord que tu sois heureux.

Le village entier était rassemblé, du maire Kole (descendu de la haute-ville) jusqu’à l’idiot du village. La cérémonie fut triste, tout le monde aimait beaucoup la défunte.

Le clerc finit son hommage dans un silence, lorsqu’il sentit une petite patte tirer sa robe…c’était le petit Calum qui lui montrait son médaillon.
- Que fais tu avec ça, petite souris?
- C’était à ma mère, dit-il, comme si c’était une explication.
- Cela lui appartient encore, même si elle n’en aura plus besoin, n’est-ce pas? Fais “la bonne chose”, petit Calum.

Ce dernier se dit que la bonne chose était de le garder, en souvenir de sa mère. Il le glissa sous ses vêtements où il le porte depuis. Celui-ci l’a souvent réconforté, certaines nuits seul dans la nature, où il faisait luire son nacre à la lueur de la lune.

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Actes de guerre
Fin de l'été, 1153

La troupe est toujours dans la tanière qu’avait habité Morton, sous le choc, quand leur situation leur apparaît soudainement très claire et un peu inquiétante: ils sont au fond d’une ville occupée par des belette, et il leur faut en sortir au plus vite. Les discussions sont vives et montrent leur nervosité: certains remettent en question s’il faut ou non faire quelque chose pour Seyan, Edan leur rappelant tout lucidement (et candidement) qu’ils sont accompagnés d’une traîtresse à la garde. En empruntant les tunnels de retour, Calum ne peut s’empêcher d’écouter les belettes… l’une d’entre elles, fière, noble et visiblement en charge, distribue déjà les ordres… de les trouver!

Ils s’enfuient rapidement et efficacement, évitant les patrouilles et la poursuite… mais c’était sans compter sur l’aigle qui avait mis en désarroi les gardes de la ville, qui revient à toute vitesse, et fond sur eux! Edan et Calum avancent facilement, suivi de Godwin et (péniblement, lentement) de Kieron. Aubrey, quant à elle, n’est… nulle part. La suite est une confusion de plumes, flèches, de serres d’acier et même d’acide (lancé par Kieron sur le volatile), qui se solde par des souris apeurées (terrifiées pour certaines et refusant de s’approcher, même!) mais un aigle qui laisse tomber sa proie (de haut!). Ils ont échappé à Walnutpeck.

C’est sur le chemin du retour, une nuit alors qu’ils font campement, que Calum entend la forêt se taire soudainement… quelque chose l’a dérangé. Le lendemain, forts de leur mission de Guardsmice, ils se rendent au lieu de la commotion, pour y trouver des traces d’un corps de souris, traîné sur le sol par … quelque chose de plus gros. Au bout de la piste, dans un tronc creux que Calum va épier sous un sort d’invisibilité, un repaire d’araignées qui ont mis leur victime “au garde manger”. Après concertation, Godwin sonne soudainement la charge sur les aranéïdes, qui malgré leur grande taille se voient tailler en pièce par la patrouille. La dernière tente de se sauver dans un racoin ombrageux… d’où ressort Aubrey un instant plus tard, rangeant son bâton.

Sur le corps froid de la souris messagère, ils retrouvent une bien étrange lettre dont ils digéreront le contenu graduellement et reprennent le chemin de Lockhaven. C’est lorsque ses tours sont en vue qu’Aubrey émet des doutes quand à l’accueil qui l’y attend. Ils parviennent (d’un coup de pouce de Godwin) à la convaincre de s’en remettre au jugement de la Matriarche, et elle entre avec eux à Lockhaven.

C’est le capharnaüm, une consternation et une confusion si grande règne que bien peu de souris remarquent la présence d’Aubrey. Ils se rendent au bureau de la Matriarche, où siège… le Garde-Capitaine, inconfortable dans ce siège. La matriarche est très malade. Certains émettent des doutes… poison? Malversations? mais Rand écarte ces doutes et mentionne seulement que celle-ci n’est pas disponible, simplement malade. C’est à ce moment qu’arrive sa lieutenant Sienna, qui annonce avec une certaine panique qu’une délégation de belettes a élu domicile devant les portes de Lockhaven et qu’elle demande à voir la chef de la garde (Ce n’est qu’après qu’elle s’aperçoit de la présence d’Aubrey, et se raidit en portant la main – momentanément – à son épée).

Rand se prend la tête entre les deux mains, et pousse un soupir avant de déclarer:

- Rassemblez les chefs de patrouilles, nous avons à parler.

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Brèches
Lockhaven, début de l'automne 1153

L’Assemblée de la Garde est appellée, devant un Rand dépassé par les événements, et tous se préparent à une rencontre qui promet d’être pleine de rebondissements. En attendant, Calum et Edan vont négocier avec Bertom (pour vendre les oeufs d’araignées qui constituent leur butin de guerre), et il leur dit qu’il ne connaît pas vraiment l’état de la matriarche, tout en achetant leurs oeufs à vil prix. Calum le taquine sur le fait que la matriarche est probablement tombée malade en mangeant sa cuisine, mais Bertom n’a pas vraiment le coeur à rire. En sortant, Edan aperçoit du coin de l’oeil une figure familière

Godwin va voir Lendra, pour lui montrer la lettre, elle lui conseille de ne pas trop en parler. Kieron quant à lui va voir Erard, qui lui fait vider des alvéoles et fumigèner des abeilles pour lui calmer l’esprit. Il lui parle de Negash surtout, ce à quoi Erard lui confirme qu’il s’agit d’un objet autrement plus puissant que ce qu’il croyait. Kieron lui demande en quittant “tu faisais quoi quand tu étais actif dans la garde?” ce à quoi le vieil apiculteur lui répond “Il était temps que tu poses la question… mais c’est pas pas de tes affaires”.

L’assemblée débute en trombe: Annika attaque la patrouille derechef et les accuse d’avoir apporté des problèmes jusqu’à Lockhaven. Elle propose une attaque sans riposte, pour régler le tout d’une manière décisive. Lendra et Godwin interviennent et proposent plutôt de “voir ce qu’elles veulent” par voie diplomatique. Un mélange de proposition d’Annika et d’assentiment de Lendra décide que ça devrait être la patrouille de Godwin qui soit la délégation. Le vote (un vote simultané mais ouvert avec des pierres blanches/noires qui montre le sens du vote de chacun) donne la faveur à la délégation, la patrouille de Sienna a été unanime (tout comme la patrouille, d’ailleurs).

Vient ensuite le “procès” d’Aubrey. Elle parle du culte du scolopendre, de son faible pour la substance d’ombre, et de ce que Morton vise à faire à Seyan. Stupeur et consternation générale, mais les souris n’y croient pas vraiment. Elle laisse son sort entre les mains des souris, sans y croire vraiment non plus à son tour. Annika parle d’exil ou de cachots, et l’une des propositions est en ce sens. L’autre proposition est que la patrouille se porte garante d’Aubrey avec leurs capes. À force de discussions, il est établi que cela ne sera que jusqu’au réveil de la Matriarche, qui décidera alors quoi faire. Le vote revient … NOIR, i.e. pour mettre Aubrey au Cachot, mais Rand rend la décision de la laisser sous surveillance. Dans une discussion avec Godwin après, il lui dira que s’il ne s’était pas abstenu, il l’aurait lui aussi envoyé au cachot. Godwin tente de parler de la lettre, mais Lendra lui fait comprendre d’un signe que ce n’est pas une bonne idée.

Le soir venu, Godwin va voir Erard et discute avec le vieux garde, occupé à récurer énergiquement une alvéole. Il lui montre la lettre, ce dernier est interloqué et va se pencher sur l’affaire. Calum va voir Aeren, mais le trouve écroulé, le pouls très lent, comme endormi et impossible à réveiller. Il alerte les gens. Au même moment Godwin va voir la Matriarche, la trouve dans un état similaire à Aeren (ce qu’il discutera avec les autres par la suite). En quittant il convainc Rand de prendre du sommeil, lui qui semblait brûler la chandelle par les deux bouts.

Kieron va voir Delvin, qui n’a cure de lui, et va conséquemment se paqueter après dans le Mess Hall, où il est réveillé par une énorme belette fantômatique (!) qui l’avertit que quelqu’un s’en vient, pour aller ailleurs, mais qu’il est suspicieux. Il parle souris mais est très condescendant (“vous vous ressemblez toutes”). Kieron va chercher Edan, qui suit l’intrus, constate qu’il va parler aux Belettes, et rentre. Il lui tend une “embuscade” pour savoir de qui il s’agit, est c’est au bout d’une échauffourée qu’il voit qu’il s’agit de ”/characters/bastian" class=“wiki-content-link”>Bastian le forgeron, qui l’égratigne avec sa hache. Il sonne l’alarme mais on s’aperçevra par la suite qu’il a fui à dos de lapin.

Godwin montrera aussi la lettre à Rand, qui en prend acte mais ne sait pas quoi en faire (il demande à Godwin “je commence à croire comme Annika que vous n’apportez que des problèmes”). Le lendemain, c’est le temps de la rencontre avec les belettes. La reine Narua réclame réparation pour leurs transgressions de leur territoire, et pour avoir nié au roi Abraxès une mort dans l’honneur. Elle reconnaît Aubrey, et sait qui ils sont (ce traître de Bastian!). Elle re-veut en plus l’épée Negash, mais reconnaît qu’elle appartient maintenant aux souris, ayant été obtenu en combat (même inégal). Elle est légèrement secouée quand on la confronte au fait qu’elle avait un espion dans les murs, mais affirme “qu’il a eu son utilité”. Les souris proposent éventuellement un duel, ce que la reine accepte, se désignant elle-même comme Champion. Elle choisit Lockhaven comme lieu, et eux répondent qu’ils doivent demander à leur chef. Rand rejette sur Godwin la décision de sacrifier une souris en duel, lui remettant sur le nez ses propos sur l’importance d’une souris lors du sauvetage de son frère pendant la guerre.

N’empêche, la nuit n’est pas réparatrice pour Kieron ni pour Calum, qui étrangement ne s’en sentent pas reposés du tout.

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